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Mandrin, un vrai héros du Dauphiné
Louis Mandrin naît le 11 février 1725 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs dans une famille établie du village. Aîné de huit frères et sœurs, il devient chef de famille à l’âge de 17 ans.
À cette époque, la France de Louis XV est soumise à la Ferme Générale, institution la plus honnie de l’Ancien Régime. Les fermiers généraux, souvent de riches financiers, collectent taxes et impôts indirects sur le sel, le tabac et autres marchandises, créant ruine, misère et désespoir dans le peuple. Mandrin obtient un contrat avec la Ferme Générale pour ravitailler en chevaux et mulets l’armée de France en Italie. La perte de la plus grande partie de ses bêtes dans la traversée des Alpes, la fin de la guerre et le refus de la Ferme de le payer marquent le début de son combat contre les fermiers généraux.

Maison, dite « des poëlles », de Louis Mandrin à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs au 16e siècle
Dessin à l’encre et rehauts blancs de Louis Taupin
Pd.1 Mandrin (Louis) (31 bis)
Ruiné, en colère, il intègre une troupe de contrebandiers dont il devient rapidement le chef. Organisé en véritable régiment militaire, le groupe met en place un réseau de contrebande permettant au peuple d’acquérir à bas prix des produits coûteux (sel, tabac, cotons imprimés…). Mandrin, que l’on décrit « bien fait de corps, robuste et agile », doté d’un « esprit vif et prompt, des manières aisées et polies », se surnomme alors lui-même « Capitaine Général des Contrebandiers de France ».
Le soutien du peuple, chez qui il est populaire, ou l’appui de nobles et notables, chez lesquels il trouve parfois refuge, ne le sauvent pas de la Ferme qui, par la ruse et la trahison de deux des siens, le capture. Son procès et son exécution sont accélérés. Jugé le 24 mai 1755 à Valence, il est roué vif deux jours plus tard devant une foule immense. Resté digne jusqu’au bout, il meurt le 26 mai 1755 à l’âge de 30 ans.

Affiche publicitaire du roman de Jules de Grandpré (1830-1892) publié en 1885
Pd.1 Mandrin (Louis) (14)
La bibliothèque d’étude et du patrimoine doit une grande partie de ses documents sur Mandrin à Octave Chenavaz (1855-1912), député de l’Isère et historien du Dauphiné originaire du même village que Mandrin. L’érudit a donné à la bibliothèque 1821 documents sur le contrebandier, majoritairement du 18e siècle. Une documentation incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au charismatique bandit.